Etude de l’observance thérapeutique chez les patients suivie à la consultation de l’hôpital de circonscription de Grombalia
Sarra BEN MASSOUD and Amira KHELIL
Les patients multitarés, souvent polymédiqués, présentent fréquemment une faible adhésion à leurs traitements, entraînant une mauvaise observance thérapeutique et une augmentation des consultations médicalesNotre objectif était de déterminer la prévalence et les facteurs prédictifs de la mauvaise observance thérapeutique (MOT) chez les patients atteints de maladies chroniques lors des consultations.Il s’agissait d’une étude prospective réalisée sur une durée d’un an, incluant des patients adultes présentant une ou plusieurs maladies chroniques traitées pharmacologiquement, suivis à l’hôpital de circonscription de Grombalia. Le niveau d’observance thérapeutique a été évalué à l’aide du questionnaire de Girerd, permettant de distinguer deux groupes : les bons observants (score 0–2) et les mauvais observants (score ≥3).Nous avons inclus 365 patients, âgés en moyenne de 68 ± 12 ans, avec un sex-ratio de 1,25. Parmi eux, 41 % étaient illettrés, 17,3 % sans emploi, 53,2 % couverts par une assurance maladie et 74,2 % mariés. Les principales comorbidités étaient le diabète (92 %), l’hypertension artérielle (92 %), la dyslipidémie (65,5 %) et l’insuffisance cardiaque (29,3 %). La MOT a été observée chez 52,6 % des patients. Une mauvaise observance thérapeutique était significativement associée au chômage (p < 0,001), à l’illettrisme (p < 0,001), à l’absence d’assurance maladie (p < 0,001), à la dépendance à une tierce personne (p < 0,001), à un nombre de comprimés supérieur à trois (p < 0,001) et à l’absence de remboursement (p = 0,003).Dans notre étude, la mauvaise observance a été estimée à 52,6% des patients. Dans la littérature, la prévalence de la mauvaise observance thérapeutique est variable, elle variait entre 14 et 96%. Ces différences internationales peuvent être expliquées par la différence des facteurs socio-économiques et démographiques dans la gestion de la pathologie. Les disparités entre les régions tunisiennes et les autres pays soulignent la nécessité d'élaborer des politiques de santé sur mesure, tenant compte des particularités économiques et sociales de chaque population.La mauvaise observance chez les patients polymédiqués nécessite éducation, accompagnement et simplification du traitement.
