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Expériences et représentations des médecins généralistes concernant le dépistage organisé des cancers chez les patients présentant des troubles psychiatriques sévères : une étude qualitative

Pandra BOMBEROVÁ KÁNSKÁ and Lumír VITHA

La schizophrénie et la bipolarité font parties des troubles psychiatriques sévères (TPS) et concernent respectivement 0,4% et 2% de la population générale. L’espérance de vie de ces patients est réduite d’environ 13 ans en comparaison au reste de la population générale. Les pathologies cancéreuses représentent la deuxième cause de mortalité. Cependant, ils bénéficient plus rarement des programmes de dépistages organisés des cancers.Cette étude avait pour objectif de comprendre les représentations et les expériences des médecins généralistes concernant les patients présentant des TPS, ainsi que leurs effets sur la mise en œuvre des dépistages organisés.Etude qualitative inspirée de la théorisation ancrée, menée à l’aide d’entretiens semi-dirigés auprès de médecins généralistes libéraux assurant le suivi de patients présentant une schizophrénie ou un trouble bipolaire.  Les entretiens ont été enregistrés, transcrits et analysés selon une approche thématique inductive.Vingt-cinq entretiens ont été réalisés entre octobre 2023 et février 2024. Les médecins interrogés ont évoqué les difficultés rencontrées pour établir une alliance thérapeutique solide avec ces patients. Ils ont pu exprimer leurs représentations des TPS, ainsi que les obstacles spécifiques liés aux dépistages organisés. Enfin, l’étude a mis en évidence plusieurs élèments— tels que l’anticipation d’un refus ou la crainte d’une prise en charge complexe en cas de dépistage positif — qui pouvaient conduire à ne pas proposer systématiquement les dépistages organisés à tous les patients et de fait provoquer une sorte de sélection des patients à dépister.Les résultats de cette étude pourraient expliquer les difficultés d’accès au dépistage organisé rencontrées par ces patients. En revanche, ces inégalités d’accès ne semblent pas suffire à expliquer la différence de mortalité liée aux pathologies cancéreuses par rapport à la population générale. Les résultats confirme la nécessité d’un accompagnement personnalisé de ces patients. Evaluer l’impact d’une visite médicale de prévention systématique dès l’instauration de la prise en charge psychiatrique pourrait être particulièrement pertinent.Cette étude a mis en lumière les représentations que les médecins généralistes avaient des patients présentant des TPS, ainsi que les conséquences possibles de ces représentations sur le dépistage organisé, pouvant conduire à une sélection des patients à dépister.